Le Corbusier près de Lyon – Couvent de la Tourette

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17 sites nés de l’imaginaire moderne de l’architecte Le Corbusier viennent d’être classés patrimoine mondial à l’UNESCO. Sans le savoir, la veille, je visitais l’un d’eux : le Couvent de la Tourette

Au terme de notre ascension, on longe une allée de chênes qui dissimule la masse de béton. Elle nous apparait soudainement, imposante et minérale. C’est l’église qu’on voit en premier : un bloc sans ouverture, intrigant.

Le Corbusier a été invité ici dans les années 50 pour construire à la demande des Dominicains un centre de formation pour les frères. Il a passé beaucoup de temps avec eux pour comprendre leur quotidien, leur foi et leur chemin de vie.

 

L’architecture du couvent répond à leurs critères en trois points : la ligne, la rigueur, la lumière.

La ligne de conduite des religieux vivant en communauté s’organise autour du cloître. La tradition veut que s’agencent autour de cette « place » l’église, le chapître (« mairie »), une bibliothèque (et une école dans ce cas précis), des cellules (chambre individuelle composée d’un lit et d’une table) et des parties publiques. La structure ici est la même.

La rigueur se retrouve dans l’aspect minéral du béton, et dans les dimensions codifiées du modulor, 1,83 m de haut, 2,26 m de haut le bras levé. Tout est donc à taille humaine dans le couvent. Si vous vous y arrêtez, vous pouvez voir la représentation de cette échelle idéale à travers le carré de béton qui forme la porte d’entrée.

Enfin la lumière entre de manière rythmée grâce à l’orientation de l’église vers Jérusalem. La danse du soleil du matin au soir modèle les volumes par leur ombre. Les rayons pénètrent aussi par les fenêtres de tailles toujours différentes. Ils dessinent des carrés Mondrian ondulant sur les murs de béton.
Les grandes salles comme le réfectoire sont dotées de baies vitrées dévorant le paysage, invitation à la méditation. Enfin, l’église et la crypte n’ont pas d’ouverture vers l’extérieur. Les ingénieux puits de lumière colorée amènent à s’y recueillir pleinement.

 

J’ai dessiné à l’endroit même où Le Corbusier réalisa un premier croquis au printemps 1953.

C’est ici qu’il décide du « futur emplacement » lors de sa première visite. Il se dit à ce moment-là que l’assiette du couvent se trouvera au niveau du toit puisque le sol est très pentu. Le pilotis permettra de récupérer l’assise et de prolonger l’horizon. De fait, aujourd’hui, depuis la terrasse on embrasse le ciel.

 

Aimer ou ne pas aimer l’architecture de Le Corbusier, là est la question.

En tout cas, ici, la démarche humaine et sacrée est intéressante. Les frères ont fait de ce lieu spirituel un site accueillant. L’hôtellerie, d’abord, permet à tous de vivre dans cette œuvre. Puis les expositions d’art contemporain y résonnent pleinement au contact de ces murs. Enfin, la couleur du béton fait miroiter la nature environnante… Le gris n’est pas tout à fait gris.

 

Et vous, que préférez-vous ? Voici un aperçu d’architecture plus traditionnelle qui rappelle le château encore existant de La Tourette.

Couvent de la Tourette - Arboretum

2017-07-06T08:26:01+00:00 18 juillet 2016|Categories: Carnet de voyage, Blog|Tags: |