Quatre facettes de Rome

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Oublier tout ce qu’on sait pour arriver avec des yeux neufs. Pas si facile, Rome est immense à tous points de vue. Et puis j’y ai vécu un mois il y a une dizaine d’années, sillonnant les rues, instaurant un rendez-vous quotidien avec le glacier du Panthéon ! J’y parviens finalement, car si les ruines ne bougent pas, la ville se renouvelle chaque jour.

 

C’est parti pour une immersion totale le temps d’un week-end. En découvrant d’abord une facette inattendue de la personnalité du Romain moderne : la ville est bienveillante à l’égard de ses habitants à quatre pattes. Ils sont protégés officiellement depuis une vingtaine d’années et choyés par les citadins, un modèle de cohabitation.

La quiétude des animaux à Rome étonne.

Il est bien loin le temps où on les lâchait dans l’arène. Les pierres chaudes des ruines antiques leur font même une paillasse de choix. Ils forment alors des modèles parfaits pour pratiquer un peu d’aquarelle.

Et quoi de mieux pour cet art que le papier d’Amalfi comme écrin ?

Ce papier fait main vient d’une longue tradition, grâce aux artisans arabes qui apportent le moulin à papier au Moyen-âge. Aujourd’hui, ce patrimoine menacé survit grâce à des clients prestigieux comme le Vatican.

 

Rome La dolce vita

 

La dolce vita serait seulement une apparence ?

En fait, le film n’a pas pris une ride. La vie n’est pas toujours douce à Rome, rattrapée par les actualités.

Fellini a aussi reçu un oscar pour ses costumes.

Un cliché pour ce pays où la mode est en perpétuelle renaissance ? Certains Romains s’affichent avec une élégance maîtrisée. Pas tous, on ne tombe justement pas dans le cliché

 

Rome Les sculptures du Palatin

 

L’héritage antique nous submerge.

On n’aurait pas assez d’une vie pour imaginer qui un palais gigantesque au Palatin, qui les thermes monumentaux de Dioclétien. Mais à l’université de Caen, ils rendent ce rêve possible grâce à des conférences passionnantes et des reconstitutions en 3D plus vraies que nature.

Une disparition programmée ?

A vrai dire, on a du mal à comprendre comment une telle civilisation, si puissante, ait finalement périclité… Il y a tant de guides dans la ville qu’on entend des anecdotes à tous les coins de rue : « les Barbares ont simplement détruit les aqueducs. »

Les empereurs ont aussi pris la tragique habitude de s’écraser les uns les autres. En venant de Lyon, c’est assez poignant de retrouver un buste de l’impératrice Julia Domna, qui donna naissance à Lugdunum à son tristement célèbre fils Caracala. Des artisans du meurtre en famille…
Julia Domna n’était pas une tendre, les Lyonnais ne la regrettèrent pas. Mais son buste est toujours là. Et oui, la production en série existait déjà, et la communication de nos dirigeants ne date pas d’hier…

 

Rome Piazza Navona et Le Bernin

 

Une renaissance inespérée !

Rome s’est reconstruite à la Renaissance sous les burins de Michelange. C’est Le Bernin qui lui succède en voilant la ville de baroque magistral. Partout on retrouve ses créations et notamment des sculptures, parfois agrémentées d’obélisques de l’Egypte ancienne. Annonciateur des Arts-and-crafts de l’Orientalisme au XIXème siècle, il prouve qu’en art, point de barrière : il faut tout oser.

Nouvelle émotion en venant de Lyon.

Car Rome saura aussi rayonner auprès de la capitale des Gaules à la lumière de Michelange et Raphaël. C’est dans le Vieux Lyon qu’on retrouve avec excitation les vestiges romains à l’antiquaille pour le bon plaisir de François I. Les artistes s’arrêtent à ce délicieux carrefour de l’Europe, bouillonnant creuset de l’art du nord et du sud. Si toutes les routes mènent vers Rome, c’est un « must » de s’arrêter à Lyon en effectuant « le grand tour », voyage initiatique des artistes en Italie. Poussin en est un ambassadeur au musée des beaux arts de Lyon.

De retour, je ne boude pas mon plaisir : Lyon permet de prolonger le voyage, en se nourrissant alentour des influences antiques.

2017-03-31T10:54:25+00:00 14 juin 2016|Categories: Carnet de voyage, Blog|Tags: |